Haiti

Haiti: Kenneth Merten «La Commission est demandée par des candidats perdants »

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WASHINGTON, DC – Kenneth Merten n’a pas fait dans la dentelle pour signifier la position de l’administration américaine sur la nébuleuse électorale de Port-au-Prince. Indiquant que la question des élections est un sujet préoccupant pour les Etats-Unis, le coordonnateur spécial du Département d’Etat américain sur Haïti ne cache pas la préoccupation de son pays en ce qui concerne les retards enregistrés dans l’achèvement du processus électoral, suspendu en raison de l’exigence de la formation d’une commission de vérification. Et à ce propos, Kenneth Merten fait remarquer que cette option n’est pas prévue dans l’accord du 6 février et elle est demandée par des « candidats perdants » aux dernières élections.

« Je comprends qu’il y a certains qui réclament la formation de cette commission. Mais cela me fait demander pourquoi avions-nous les observateurs internationaux, notamment les observateurs de l’Union européenne et de l’OEA? Toutes ces instances observent des élections partout à travers le monde, notamment dans l’hémisphère de l’Ouest. Ils jugent les élections en Haïti au même standard qu’ils le font ailleurs. Ils n’ont pas vu de grandes irrégularités en Haïti. Mais il y a certains politiciens qui évoquent des fraudes massives. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore vu des preuves de ces accusations », avance-t-il, au micro du journaliste Jacques Jean-Baptiste.

Dans le débat opposant ceux qui veulent continuer sans vérifier à ceux qui prétextent chercher le grain de sable pour restaurer la confiance dans la machine, Kenneth Merten croit que les Etats-Unis n’ont pas leur place. « Ce n’est pas au gouvernement américain de dire oui ou non à une commission de vérification. Il revient au gouvernement haïtien d’en décider. Mais, de notre côté, nous pouvons prendre des décisions aussi. Si cette commission de vérification prend du temps, si on n’est pas pressé pour faire cette vérification, cela va nous forcer à reconsidérer le support que nous allons donner aux élections », tranche-t-il, peu après avoir fait mention de la réticence des Etats-Unis ainsi que d’autres partenaires de la communauté internationale à donner leur assistance à l’administration Privert, qui n’a pas été formée via le schéma du suffrage universel.

« Si vous avez besoin d’une commission de vérification, faites-la et faites vite. Car nous sommes impatients pour continuer à donner notre support au peuple haïtien. Et nous ne pouvons pas le faire avec un gouvernement qui n’est pas élu démocratiquement », tranche-t-il, prévenant qu’il aura beaucoup de soucis si le résultat du travail de cette commission consiste à éliminer l’un ou les deux candidats qui sont arrivés en tête des résultats.

Par ailleurs, Kenneth Merten balaie l’argumentaire selon lequel le report des élections consacre l’échec de la communauté internationale et renvoie la balle dans le camp du peuple haïtien. « C’est l’échec du peuple haïtien. Ce sont les Haïtiens qui perdent l’opportunité de voter le président dont ils ont besoin pour guider le pays dans une période difficile. Honnêtement, la communauté internationale participe financièrement à ces élections, à l’invitation du gouvernement haïtien. Nous sommes là. Cependant, nous aimerions que ce soit le peuple haïtien qui choisisse son leader, et non un petit groupe de politiciens.

En ce qui concerne l’accord du 5 février ainsi que la réalisation des échéances, le diplomate dit observer beaucoup de retard. « C’est clair qu’il n’y aura pas d’élections ce 24 avril. C’est vrai que nous avons applaudi à cet accord. Cependant, dès le départ nous avons observé des retards quant à la mise en application de certains points dans ledit accord. Cela a pris beaucoup de temps pour former le gouvernement de transition. Maintenant nous avons un CEP qui va commencer à travailler. Mais il y a quelque chose qui attire mon attention. J’ai l’impression que la classe politique en Haïti n’est pas pressée pour faire avancer les choses », observe le diplomate, qui enjoint les acteurs politiques à trouver une issue à la crise aux fins de permettre au pays de continuer à bénéficier de l’assistance internationale.

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Source/Le Nouvelliste
Photo/Archives
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