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Monde: Viola Desmond, le colosse canadien de la lutte contre la ségrégation raciale et du droit des femmes à l’égalité des chances

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Issue d’une famille mixte improbable selon les moeurs de l’époque —mère blanche, père noir—, de 15 enfants, Viola Irene Davis Desmond est née à Halifax en Nouvelle Écosse, le 6 juillet 1914.

Très tôt, elle a choisi sa voie: je serai femme d’affaires. Or, l’Halifax de son enfance et de sa jeunesse accusait un besoin criant d’esthéticienne noire, se consacrant aux besoins des femmes noires en matière de soins de la peau et des cheveux. Malgré son intelligence, un tel métier lui était interdit, à cause de la couleur de sa peau. Dans la Nouvelle Écosse d’alors, le métier d’esthéticienne était prohibé aux femmes noires.

Plutôt que de se laisser abattre et de s’apitoyer sur son sort, elle décide de croire en son rêve et de tenter sa chance à Montréal et aux États-Unis. Imperturbable, elle effectue des études en soins esthétiques de la peau et des cheveux à Montréal et à New York.

Sa formation complétée, elle revient dans son Halifax natal, pour y ouvrir non seulement son propre salon de soins esthétiques pour les femmes noires, mais également pour y tenir une école,The Desmond School of Beauty Culture, consacrée à la formation de femmes noires en esthétique et en restauration, les encourageant ainsi à se lancer en affaires, pour conquérir leur autonomie financière. C’est l’apôtre du « black wealth matters » avant la lettre. Nous sommes dans les années 40. Il faut le faire! Ainsi, pas moins de 15 femmes graduaient chaque année de son centre de formation. Ce faisant, elle défiait la loi qui interdisait l’exercice de telles professions à des femmes de couleur. Cette femme est une militante du droit des femmes à l’égalité des chances et à l’exercice des professions qu’elles désirent.

En 1946, (elle avait 32 ans) le destin a offert à Viola Desmond l’occasion de s’illustrer comme une coriace militante contre la ségrégation raciale. Voulant assister à un film et refusant de s’asseoir à l’endroit réservé aux gens de couleur (9 ans avant Rosa Parks!), elle fut arrêtée et condamnée à payer une infamante amende.

Là encore, c’était sans compter avec la détermination de Viola. Encouragée par les gens de son église, elle a entrepris une action en justice contre la police pour racisme et discrimination raciale. Malgré ses défaites en Cour, elle a continué à se battre pour la défense des Droits des gens de couleur, en Nouvelle Écosse et à Montréal.

Elle est morte à New York, le 7 février 1965, à l’âge de 50 ans, d’une hémorragie gastro-intestinale. Elle fut inhumée au Cimetière de Camp Hill à Halifax.

En avril 2010, le Lieutenant-Gouverneur de la Nouvelle Écosse lui a accordé un pardon posthume, le premier du genre au Canada. De plus, la Banque du Canada, frappe en 2018, un billet de 10 dollars à son effigie, faisant ainsi d’elle, la première femme, après la Reine Elizabeth d’Angleterre, à figurer sur un billet canadien.

Jean Fils-Aimé, Ph.D.
Photo/Archives
www.anmwe.com

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