Haiti

Haiti: Simon Dieuseul Desras « Je suis désormais le chef de l’opposition »

PORT-AU-PRINCE – Dieuseul Simon Desras, dont les démêlés avec la justice concernant l’accomplissement de son mandat de sénateur ne sont pas encore classés, se dit prêt à donner une bouffée d’oxygène à l’opposition politique plongée dans l’inertie depuis le déclenchement pour de bon du processus électoral. Comme pour affirmer qu’il va la ressusciter, l’ex-président du Sénat n’y va pas par quatre chemins pour s’autoproclamer, sans la moindre gêne, nouveau leader de l’opposition au président Michel Martelly.

« A partir d’aujourd’hui, je déclare que je suis le chef de l’opposition politique. Parce que l’opposition est morte, elle est peut-être sans propositions. Une opposition qui s’est finalement courbée pour aller aux élections avec un décret électoral alors qu’elle rechignait pendant des lustres à voter une loi électorale et disait qu’elle n’allait pas aux élections avec Michel Martelly au pouvoir », clane l’ancien président du Sénat ce jeudi, très remonté contre ses anciens collègues au Sénat et d’autres figures de proue de l’opposition.

« Malheur à ceux qui veulent aller aux élections avec un pouvoir qui libère des bandits pour traquer ses opposants, fulmine M. Desras, soulignant néanmoins qu’il restera un allié sûr de l’opposition traditionnelle. Mais je les exhorte à ne pas s’embarquer aveuglément dans ces élections tandis que l’aspect sécuritaire n’est pas garanti. » Sans renoncer à ses velléités d’allonger la liste des candidats pour la prochaine présidentielle, Dieuseul Simon Desras indique cependant qu’il « n’est pas prêt pour l’instant à s’engager dans un processus électoral avec ce gouvernement. Les conditions ne sont pas réunies ».

Prévoyant que les élections législatives ne pourront pas avoir lieu en août prochain comme prévu par le Conseil électoral, Desras affirme que le président Martelly n’a pas l’intention d’organiser les élections afin d’éviter de passer le pouvoir à un nouveau président élu au risque d’être arrêté. La libération polémique de Sonson Lafamilia et de Rénel Le Récif, accusés de kidnapping, sert de tremplin au sénateur Desras pour doucher le pouvoir Tèt Kale. À l’instar de beaucoup d’autres politiques, il suppose que « la justice est avilie et mise à nu dans cette affaire ».

« Aujourd’hui, l’Etat est transformé en un Etat paria, un Etat délinquant où le kidnapping et des actes de toutes sortes sont censés être officialisés », souligne-t-il, rejetant l’idée que le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince n’était pas au courant qu’il y avait appel sur ce dossier. Je comprends mal aussi, a-t-il ajouté, que le commissaire du gouvernement ait affiché un tel comportement dans ce procès. » Par ailleurs, Dieuseul Simon Desras accuse ouvertement le ministre de la Justice dans cette affaire.

« Il faut chercher à savoir combien de fois le ministre de la Justice est entré en communication avec le commissaire du gouvernement au moment du déroulement du procès, a dit l’ancien président du Sénat. Pierre-Richard Casimir a parlé plus de neuf fois avec le commissaire du gouvernement. » Desras a assimilé l’appel de la décision fait par l’État haïtien à une « démagogie ».

« Ce n’est que pour la consommation de l’opinion », croit-il savoir et de grommeler : « Le ministre de la Justice se transforme en ministre de l’injustice. Il revient maintenant à la société de sanctionner ce gouvernement. Avec la libération du chef du gang Galil, on ne peut plus parler d’élections. Il est clair. Pas de pouvoir Tèt Kale sans ce gang. Nul ne peut nier l’attachement viscéral de ce réseau de malfaiteurs au palais national. »

Avant d’exhorter la communauté internationale à divorcer d’avec « ce pouvoir délinquant qui se fait complice des gangs, des bandits », Dieuseul Simon Desras de se questionner perplexe « si ce qui s’est passé ne s’inscrit pas dans le projet de perturber le processus électoral en vue de favoriser la réélection du pouvoir Tèt kale ».

Source/Le Nouvelliste

Photo/Archives

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