Haiti

Haiti: Deux ex-ministres de l’administration Privert dénoncent une « persécution politique du pouvoir »

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PORT-AU-PRINCE – Les deux ex-ministres de l’administration Privert frappés par la mesure d’interdiction de quitter le pays se sont rendus avec leurs avocats, ce lundi 30 octobre, au bureau du directeur de l’Immigration et de l’Émigration prendre connaissance de la mesure et des motifs. À la sortie, ils ont dénoncé avec véhémence une « persécution politique du pouvoir en place » et annoncé une riposte par voie légale pour forcer le commissaire du gouvernement Me Clamé-Ocnam Daméus à se rétracter.

Entre la réception et le bureau du directeur du service d’Immigration et d’Émigration, Yves Romain Bastien et Camille Édouard Junior n’ont pas pris plus de 10 minutes pour avoir confirmation des deux correspondances datées du 13 octobre leur interdisant de quitter le pays par les voies aérienne, maritime et terrestre. Accompagnés d’un juge de paix au tribunal de paix de la section-est de Port-au-Prince. Cette mesure restrictive de liberté prise à leur encontre n’est assortie d’aucun motif ou de justification. Les deux ex-ministres sont toujours dans l’expectative. La place est à présent occupée par des dénonciations, accusations et une sommation pour rétraction.

Me Camille Édouard Junior, plaidant sa propre cause et assistés de quatre avocats, a adressé une requête faisant une sommation à l’État haïtien, au commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince et à Me Heidi Fortuné, l’actuel ministre de la Justice, pour « contester la correspondance portant la mesure restrictive de liberté pris à son encontre en raison de son caractère illégal ».

L’ancien ministre de la Justice ne se contente pas d’accuser le chef du parquet de vouloir prendre sa revanche contre lui. «Il a été révoqué pour détournement de corps du délit dont une dizaine de fusils », a-t-il avancé. Il lui a aussi demandé « dans un délai ne dépassant pas 24 heures, de rétracter sa décision», le menaçant de poursuite devant les tribunaux compétents, si celui-ci ne veut pas obtempérer.

L’ancien ministre de l’Économie et des Finances a pointé du droit le chef de cabinet du président de la République, Wilson Laleau, qui se venge de lui parce qu’il a limogé sa femme après cinq mois d’absence au travail. Selon le ministre Bastien, la femme de Wilson Laleau recevrait à cette époque tous les frais et avantages liés à sa fonction de directrice générale adjoint, responsable des études économiques au MEF. « Je lui ai demandé de reprendre son poste, elle a refusé. Alors je l’ai révoquée. Après mon départ du ministère, elle a repris son ancien poste », s’est défendu Yves Romain Bastien.

Une fois désigné son coupable de cette « persécution politique » dont il a dit faire l’objet, l’ex-ministre des Finances a présenté un tableau bien sombre des répercussions que cette mesure aura sur sa « réputation et sa famille ». « Cette interdiction de départ est dictée par le pouvoir dans le seul but de me nuire. Je ne peux plus travailler calmement pour subvenir à mes besoins, pour des raisons non justifiées », a-t-il déclaré très remonté. Puisque nécessairement la roue tourne, Yves Romain Bastien a invité les autorités en place à lever toute suspicion le concernant en apportant des preuves de ce qu’on lui repproche.

« Je ne quitterai pas le pays, je ne suis pas corrompu », a-t-il lancé pour mettre au défi de l’inculpé ceux qui « veulent jouer le jeu du pouvoir et détruire les gens ». « Il est bruit qu’on me reproche d’avoir donné 120 millions de gourdes aux ‘’chimères’’ pour empêcher à Jovenel Moïse d’accéder au pouvoir. Il n’y a aucune preuve que j’ai fait ça, s’est-il défendu.

Selon les protagonistes, le commissaire du gouvernement, par son action, s’est lancé dans une campagne de violation de leur droit à la libre circulation. Cette décision est un acte illégal et politiquement motivé qui cause préjudice à leurs activités professionnelles.

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Source/RTVC
Photo/Archives
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