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Haiti: Jovenel Moïse répond au ministre de l’Agriculture Pierre Guito Laurore

PORT-AU-PRINCE – Jovenel Moïse au ministre de l’Agriculture : « Ni subvention, ni cadeau, ni accompagnement de la part de l’Etat »

La compagnie Agritrans S.A. s’apprête à expédier une deuxième cargaison de bananes en Allemagne. En cette occasion, Jovenel Moïse a coupé court à la polémique suscitée par les propos du ministre de l’Agriculture qui avait déclaré qu’Haïti n’a encore exporté la moindre banane. Jovenel Moïse a rappelé au ministre que l’investissement consenti dans le projet Agritrans était strictement privé.

Sur la ferme agricole de la compagnie Agritrans S.A., en cette fin de matinée du vendredi 29 avril, les travailleurs sont sur les dents. En silence, comme des automates, ils préparent, au centre de conditionnement, la prochaine cargaison de bananes à destination de l’Allemagne. Officiellement, cela a pris sept mois environ à Agritrans et son partenaire commercial allemand, Port International, pour boucler cette deuxième expédition à la suite de la première, très médiatisée, en date du 8 septembre 2015.

« Avec ce deuxième bateau en partance pour l’Allemagne, nous sommes lancés pour de bon », se réjouit Jovenel Moïse, le principal instigateur de ce projet, joint au téléphone lundi après-midi. Très en verve, l’entrepreneur annonce qu’Agritrans est en avance de 2 ans sur l’échéance qu’elle s’était fixée pour mener à terme l’installation du système post-récolte, dont le centre de conditionnement.

Jovenel Moïse a également confié à la rédaction qu’un navire de la ligne maritime privée CMA CGM, un des leaders mondiaux du transport maritime par conteneurs, viendrait mouiller, chaque semaine, dans le port du Cap-Haïtien. « Cette ligne réfrigérée est destinée à tout producteur désireux d’exporter », déclare ce dernier, pour qui, selon ses propres dires, c’est la fin d’un casse-tête. Car, poursuit-il, le bateau qui a exporté les premières bananes de la ferme agricole d’Agritrans était la propriété de la compagnie allemande.

Tout à son affaire, Jovenel Moïse, qui a dû démissionner à la tête de la compagnie il y a de cela un an, depuis qu’il s’est porté candidat à la présidence, n’a pas voulu s’éterniser sur les déclarations du ministre de l’Agriculture, Pierre Guito Laurore, qui, deux semaines auparavant, avait affirmé qu’Haïti n’a encore exporté la moindre banane contrairement aux dires des tenants du projet Agritrans.

« Les millions investis dans la banane d’Agritrans proviennent du secteur privé », riposte Jovenel Moïse, précisant que d’autres entrepreneurs peuvent faire pareil en plaçant leur argent dans la mangue. Si, d’entrée de jeu, Jovenel Moïse exprime clairement son intention de ne pas alimenter la polémique, il n’a pas pu s’empêcher d’envoyer une petite pique à Damien en soulignant que l’investissement de l’Etat dans l’agriculture s’élève à zéro.

De passage dans le Plateau central pour lancer la campagne de mangue, le ministre Laurore avait alors déclaré que dans les années 1946-47, période florissante selon lui, Haïti exportait plus de 7 millions de régimes de bananes « Gros Michel ». « A l’époque, le pays n’était pas aussi peuplé, donc si on vendait chaque régime 1 dollar, les 7 millions de régimes auraient rapporté 7 millions de dollars », avait calculé le titulaire du MARNDR.

Pas moins de 15 millions de dollars ont été investis dans la première zone franche agricole du pays située à Trou-du-Nord, rappelle Jovenel Moïse, soulignant qu’il n’a de compte à rendre qu’aux partenaires du projet. « La figue-banane est le fruit le plus commercialisé au monde. 17 millions de tonnes de figues sont commercialisées chaque année », rétorque l’homme d’affaires qui, à maintes occasions, a prouvé qu’il connaissait cette filière sur le bout des doigts.

Pour sa part, Elie Pierre-Louis, porte-parole de la FEPAP, la Fédération des planteurs agricoles de Pisance, regroupant l’ensemble des paysans de la localité qui cultivaient les terres sur lesquelles se trouve actuellement la plantation, qualifie de cordial le partenariat qui le lie avec Agritrans et qui se déroule, selon lui, en collaboration étroite. « Jusqu’à présent, Agritrans continue d’investir et n’a pas encore engrangé aucun profit », a fait savoir ce dernier, qui était sur place pour superviser le chargement du conteneur prêt à prendre la mer.

Face à la maladie de Panama qui menace l’industrie de la banane, Jovenel Moïse se montre rassurant quoiqu’Agritrans produise la variété « Cavendish Williams » organique, variété qui est principalement ciblée par la maladie. « Des recherches sont en train d’être menées au Nord d’Israël sur des variétés clonées résistantes à même de faire face à la maladie », soutient Jovenel Moïse.

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Moise-Laurore

Source/Le Nouvelliste
Photo/Archives
www.anmwe.com

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