Economy

Haiti: Une firme israélienne assurera le contrôle de nos frontières aérienne, terrestre et maritime

PORT-AU-PRINCE – Un accord, signé entre le gouvernement haïtien et une firme privée israélienne, en ce qui concerne le contrôle des frontières d’Haïti par cette dernière, suscite de vives inquiétudes, constate l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous sommes un peuple de gens incapables. C’est l’étranger qui nous aide. Il y a des peuples majeurs et des peuples mineurs. Haïti est un peuple mineur », critique l’économiste Eddy Labossière, président de l’Association des économistes haïtiens (Aeh), qui, interrogé par AlterPresse, intervenait sur ce protocole d’accord signé le samedi 24 octobre 2015.

« Pourquoi allons-nous chercher des étrangers pour sécuriser nos frontières, alors que nous avons beaucoup de chômeurs » ?, s’interroge-t-il, soulignant combien « nous aurions pu renforcer considérablement la Police nationale d’Haïti (Pnh) sur les axes frontaliers ».

L’Aeh se dit indignée par rapport à ce protocole d’accord, signé entre le ministre de l’économie et des finances (Mef), Wilson Laleau, plusieurs officiels de l’administration de Michel Martelly et une firme privée israélienne appelée Hlsi, représentée par sa vice-présidente Eva Peled.

Cet accord viserait à restructurer et à moderniser 9 postes douaniers, pour effectuer la surveillance de la frontière (aérienne, terrestre et maritime) en tout temps, en utilisant toutes les technologies modernes qui existent, y compris les services d’hélicoptères, fait savoir Wilson Laleau.

« Cette firme israélienne aura la grande responsabilité d’accompagner l’Etat haïtien dans la gestion frontalière, qui est un gros défi pour le pays », affirme-t-il.

Joint au téléphone par AlterPresse, Max Antoine, secrétaire exécutif de la commission technique de la gestion des frontières, rappelle qu’en 2014 un appel d’offres a été lancé par le Mef, pour que des firmes manifestent leur intérêt pour un programme de modernisation et de reconstruction des bureaux qui se trouvent dans des douanes terrestres, maritimes et aériennes.

Octroyé à une firme privée israélienne en mai 2015, ce projet coûtera 49,3 millions de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 55.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui) pour les travaux d’aménagements, de reconstruction et de modernisation, selon Max Antoine.

Il y aura un programme de formation pour les agents douaniers en vue de garantir beaucoup plus de collectes de taxes, précise-t-il.

La mise en œuvre du projet durera deux ans, alors que le programme de monitoring pour savoir « si le programme marche très bien » durera 10 ans.

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Source/Alter Presse
Photo/Archives
www.anmwe.com

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