Haiti

Haiti: L’international croit que la solution doit absolument passer par le dialogue

PORT-AU-PRINCE – « Le discours de l’international, de juillet 2018 à nos jours, n’a pas évolué. L’international croit que quelle que soit la solution, elle doit passer par le dialogue », a confié au journal l’ex-sénatrice Edmonde Supplice Beauzile, actuelle présidente de la Fusion des sociaux-démocrates après à une réunion avec les ambassadeurs regroupés dans le groupe des pays amis d’Haïti, lundi 30 septembre 2019.

« Pour nous, Jovenel Moïse doit partir. Cela doit être un départ ordonné. Il ne peut pas gouverner », a poursuivi Edmonde Supplice Beauzile de l’opposition institutionnelle qui a participé à cette réunion sollicitée par le Core Group à une réunion, à Pétion-Ville.

Les sénateurs Youri Latortue de l’opposition radicale, Joseph Lambert de la nouvelle opposition, l’ex-sénateur Edgard Leblanc Fils (OPL) de l’opposition modérée et l’ex-Premier ministre Evans Paul (Kid), représentant des partis politiques alliés du président Jovenel Moïse ont aussi pris part à cette réunion. La présidente de la Fusion a indiqué que le Core Group a exprimé une position unitaire.

Le sénateur Nenèl Cassy a minimisé la réunion et la position du Core Group sur la crise. La position de l’opposition s’aligne sur celle du peuple qui exige la démission immédiate de Jovenel Moïse, a indiqué le sénateur des NIppes, estimant que la position du Core Group, qui invite à un dialogue politique au cours duquel tous les sujets y compris le départ de Jovenel Moïse, a évolué. Nenèl Cassy a par ailleurs souligné que l’ex-premier ministre Evans Paul est pour un départ ordonné mais dans un an.

Le Nouvelliste n’a pas pu joindre l’ex-premier Evans Paul pour obtenir son commentaire et confirmer s’il a exprimé ou non cette position.

Des sources interrogées par le journal ont confié « la préoccupation » du Core Group par rapport à la situation en Haïti. Il y a un manque de lisibilité sur l’avenir et une volonté des adversaires du président Moïse de le renverser afin de prendre le pouvoir. Cette position, a confié une source, ne sera jamais acceptée par la communauté internationale. L’accepter est ouvrir la voie à ce que cela se reproduise à chaque fois. « Ceux qui s’activent à renverser le président Moïse ne pourront pas prendre le pouvoir sans passer par les élections », a poursuivi cette source. Si la communauté internationale pousse en faveur d’un dialogue, elle ne dédouane pas pour autant le président Moïse.

« Sa gouvernance est chaotique. Il rate systématiquement les momentum », a regretté cette source. Les rapports avec le président Moïse sont loin d’être apaisés, a révélé notre source, qui craint cependant la poursuite des confrontations.

Le journal a appris que le Core Group doit tenir d’autres rencontres avec d’autres acteurs de la vie nationale. Entre-temps, des manifestations se poursuivent à Port-au-Prince et dans d’autres points du pays. Deux postes de police ont été incendiés ce lundi. L’un à Marigot, dans le Sud-Est après qu’un policier eut abattu un jeune homme e,t dans le Sud, aux Cayes, à Quatre-Chemins.

Plusieurs rapports font état d’affrontements entre manifestants et policiers un peu partout. Pendant qu’à coup de gaz lacrymogène et de tirs de sommation la PNH essaie de maintenir l’ordre après des journées d’émeutes, le premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin a remodelé son cabinet qui s’est allégé de plus de six ministres.

Le Core Group est composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne et du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains.

Source/Le Nouvelliste
Photo/Archives
www.anmwe.com

To Top